Philippe JOMARD  -  Vente fonds de commerce

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SOMMAIRE :

  1°) Informations juridiques (conditions de l'agrément).
2°) Les crédits accordés aux débitants pour le paiement du tabac.
3°) La rémunération des débitants de tabac (contrat d'avenir 2003 / 2007).
  4°) Le nouveau contrat d'avenir (concerne la période 2008 / 2011).
  5°) Création d'un crédit d'impôt "débitants de tabac".

 

 



 

1°) Informations juridiques (conditions de l'agrément) :

Le monopole de vente au détail de tabac est confié à l'Administration des Douanes qui délègue les débitants de tabac, par un contrat nommé "traité de gérance".
La distribution proprement dite est aujourd'hui confiée à la Société Altadis (Ex SEITA).

Le candidat à la reprise d'un débit de tabac doit répondre à certains critères et déposer auprès de la Direction des Douanes un dossier de demande d'agrément permettant de vérifier que toutes les conditions requises sont réunies, notamment:

-x Nationalité: Etre de nationalité française ou ressortissant d'un autre Etat membre de l’Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse.
x
-x Non cumul: Ne pas être déjà gérant d'un débit de tabac ou associé d'une société en nom collectif qui exploite un débit de tabac
   
-x Honorabilité: Le bulletin N° 2 du casier judiciaire ne doit comporter aucune mention de condamnation pénale.
x
-x Moralité: L'enquête de la direction des douanes devra prouver que le candidat est exempt de critiques, notamment au plan fiscal.
x
-x Aptitude physique: Le candidat devra fournir un certificat médical délivré par un médecin agréé par l'administration.
x
-x Formation: Le gérant du débit de tabac, son suppléant et les associés de la société en nom collectif exploitant le fonds de commerce associé au débit doivent suivre une formation professionnelle initiale. Cette formation consiste en un stage de 4 jours organisé par le "Centre National de Formation des Débitants de Tabac" (CNFDT 75, rue d'Amsterdam 75008 PARIS, Tél 01 53 21 10 30).

En outre, le gérant du débit de tabac est tenu de suivre une session de formation professionnelle continue dans les six mois précédant le renouvellement du contrat de gérance.

   
-x Formes juridiques du fonds de commerce:
Seules 2 possibiltés sont offertes:
x -x
-x
Le nom propre.
La S.N.C. (société en nom collectif).
x
-x Apport personnel minimum: La Direction des Douanes n'exige plus, comme c'était le cas jusqu'en juin 2010, de justificatif d'un apport personnel minimum.
x
-x Par contre, dans la pratique, sauf cas particulier, les banques n'accepteront le financement que si l'apport personnel représente au minimum 40% à 50% de la valeur nue du fonds de commerce.

 

 

 

 

 

 


 

2°) Les crédits accordés aux débitants pour le paiement du tabac :

La Société Altadis
, fournisseur du tabac, pour faciliter la trésorerie des débitants leur accorde des crédits pour le financement des livraisons :

-x Crédit à la livraison (autorisation de régler chaque livraison à la suivante, généralement 14 jours après).
-x Crédit de stock (avance de trésorerie correspondant à 60% d'une livraison moyenne et représentant théoriquement le stock résiduel au matin d'une livraison).
-x Crédit saisonnier (pour les affaires à caractère très saisonnier).

Pour accorder ces crédits, la Société Altadis demande la caution d'une société dénommée Européenne de Cautionnement.

Cette société avait, auparavant, comme critère essentiel, que l'emprunt ne dépasse pas 70% de la valeur nue du fonds de commerce.
Ce critère, basé uniquement sur l'endettement des acquéreurs n'est plus le critère déterminant.
 
Aujourd'hui, le dossier est étudié dans sa globalité comme le fait une banque pour accorder un financement (C.V. des acquéreurs, endettement externe au commerce, revenus externes au commerce...), de sorte que le dossier peut être accepté avec un endettement supérieur à 70 % ou refusé avec un endettement inférieur à 70 % de la valeur nue du fonds de commerce.

L’Européenne de Cautionnement peut, si elle estime le montant du risque trop important par rapport à un certain nombre de critères économiques, humains et financiers, demander une contre garantie.

Les contres garanties acceptées sont les suivantes :

                  -  nantissement du fonds de commerce,
                  -  comptes épargnes,
                  -  hypothèque,
                  -  garanties bancaires,
                  -  engagement solidaire d’un tiers solvable…

Cela dépendra du montant de la garantie appelée, de la nature du risque et des possibilités qui s’offrent au futur débitant.
 

 

 

 

 


 

3°) La rémunération des débitants de tabac :

La rémunération du débitant de tabac se décompose en:

-x Remise sur facture.
-x Complément de remise.
-x Remise additionnelle.
-x Remise compensatoire: Cette remise est une subvention qui a été instituée de façon temporaire, dans le cadre du "contrat d'avenir" pour aider les débitants dont le chiffre d'affaire a baissé à la suite des augmentations de prix de 2003. 
  La "remise compensatoire", initialement instituée pour une période de 4 années, devait disparaître fin 2007.
  Dans le cadre du "nouveau contrat d'avenir", signé fin 2006, la remise compensatoire a été prorogée, avec de nouvelles dispositions, jusque fin 2011.

 
a)     La remise sur facture :
Un débitant de TABAC est rémunéré au moyen d'une remise brute égale à 8 % des ventes réalisées.
Dans la pratique, le fournisseur (ALTADIS) verse une remise nette de 6 % (Un produit vendu au détail 100 € est facturé 94 € au débitant). Les 2 % restant sont versés par le fournisseur à l'administration qui prélève dessus la redevance (1,84 %) et la cotisation retraite (0,16 %).
 
b)     Le complément de remise :
Le complément de remise correspond à l'exonération de la redevance (soit 1,84 %) dans la limite de 152.500 € de chiffre d'affaire.
Elle s'élève donc, pour un débitant atteignant 152.500 € de chiffre d'affaire à : 152.500 € * 1,84 % = 2.806 €.
C'est l'administration qui verse le "COMPLÉMENT DE REMISE" au débitant de TABAC (chèque ou virement des douanes).
 
c)     La remise additionnelle :
C'est une rémunération supplémentaire prévue à hauteur de 2 % pour la tranche de chiffre d'affaire allant jusqu'à 152.500 € et 0,7 % pour la tranche de chiffre d'affaire comprise entre 152.500 € et 300.000 €.
C'est l'administration qui verse la "REMISE ADDITIONNELLE" au débitant de TABAC (chèque ou virement des douanes).
 

Récapitulatif des différentes remises :
 

Tranches de C.A. Remise sur facture Complément de remise Remise additionnelle TOTAL REMISE
0 € à 152.500 € 6,00 % 1,84 % 2,00 % 9,84 %
152.500 € à 300.000 € 6,00 % 0,00 % 0,70 % 6,70 %
> 300.000 € 6,00 % 0,00 % 0,00 % 6,00 %

Exemples de calculs des remises en fonction des C.A. réalisés :
 

C.A. réalisé Remise sur facture Complément de remise Remise additionnelle TOTAL REMISE
140.000 € 140.000 € * 6,00 % =
8.400 €
140.000 € * 1,84 % =
2.576 €
140.000 € * 2,00 % =
2.800 €
13.776,00 €
200.000 € 200.000 € * 6,00 % =
12.000 €
152.500 € * 1,84 % =
2.806 €
(152.500 € * 2,00 %) +
(47.500 € * 0,70 %) =
3.382,50 €
18.188,50 €
500.000 € 500.000 € * 6,00 % =
30.000 €
152.500 € * 1,84 % =
2.806 €
(152.500 € * 2,00 %) +
(147.500 € * 0,70 %) =
4.082,50 €
36.888,50 €

Concrètement, tout débitant dépassant 300.000 € de chiffre d'affaire a une rémunération égale à 6 % de son chiffre d'affaire + 6.888,50 €.

 
d)     La remise compensatoire :
Elle concerne les débitants dont le chiffre d'affaire a baissé, sur une année pleine d'au moins 5 % par rapport à 2002 qui reste l'année de référence.
Elle vise à compenser une partie de la remise nette que le débitant n'a pas encaissé du fait de cette baisse de chiffre d'affaire.

La compensation est de:
- 50 % de la perte de remise nette, pour les débits dont le chiffre d'affaire a diminué de 5 % à 10 %,
- 70 % pour ceux dont le chiffre d'affaire a diminué de 10 % à 25 %,
- 80 % pour ceux dont le chiffre d'affaire a diminué de plus de 25 %,
- 90 % pour ceux situés dans les départements frontaliers (+ l'Aude, les Landes, les Vosges et le Pas-de-Calais).

C'est l'administration qui verse la "REMISE COMPENSATOIRE" au débitant de TABAC (chèque ou virement des douanes).

 

En début d'année, l'administration des douanes émet un document récapitulatif adressé à chaque débitant. Ce document récapitule la ventilation des différentes remises perçues par le débitant au cours de l'année civile précédente.

 

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4°) Le nouveau contrat d'avenir:

Après le "contrat d'avenir" signé en 2003 pour la période allant jusqu'au 31 décembre 2007, un "nouveau contrat d'avenir" a été signé fin 2006 pour la période allant du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2011.

Les mesures financières du contrat d’avenir 2003-2007 sont maintenues dans leurs principes.

La remise nette directement versée aux buralistes est améliorée.

Le principe de la remise compensatoire est maintenu jusqu'en 2011 (avec 2002 comme année de référence).

Voici les principales disposition qui seront en vigueur pour la période 2008-2011 :
 

a)     La remise nette :

A compter du 1er janvier 2008 :

- la remise versée par le fournisseur au débitant de tabac sera augmentée d’un point sur les cigares et cigarillos ;

- pour les autres produits de tabacs manufacturés, la remise sera majorée de 0,125 point par an soit 0,5 point sur la durée du contrat.

Le taux de cotisation au RAVGDT restera stable, pour correspondre à 0,16 % du montant annuel des livraisons de tabacs.

 

b)     La remise additionnelle :

Jusqu’au 31 décembre 2008, la remise additionnelle du buraliste est de 2 % sur ses 152 500 premiers euros de chiffre d’affaires et de 0,7 % sur la part de chiffre d’affaires comprise entre 152 501 euros et 300 000 euros.

En 2009, la remise additionnelle du buraliste est de 2 % sur ses 152 500 premiers euros de chiffre d’affaires, Sur la part de chiffre d’affaires comprise entre 152 501 euros et 300 000 euros, la remise additionnelle est de 0,5%.

A compter du 1er janvier 2010, la remise additionnelle du buraliste est de 2 % sur ses 152 500 premiers euros de chiffre d’affaires, soit un maximum de 3 050 € par débit. Une prime forfaitaire de service public est instaurée au bénéfice des débits réalisant un chiffre d’affaires maximum de 300 000 €. Cette prime, dont les conditions sont examinées par le Comité de pilotage au vu de l’état du marché du tabac et de la situation économique des buralistes, s’élève annuellement à : 1000 € pour les débits réalisant un chiffre d’affaires au maximum égal à 100 000 €, 500 € pour les débits réalisant un chiffre d’affaires compris entre 100 001 € et 300 000 €.

 

c)     La remise compensatoire :

A compter du 1er janvier 2008, l’attribution de la remise compensatoire se fera sur la base des taux et seuils définis par le décret n° 2006-155 du 13 février 2006 portant création d’une remise compensatoire en faveur des débitants de tabac, soit :

- compensation de 50 % de la perte de remise nette quand le chiffre d’affaires du débit a diminué de 5 % à 10 % par rapport à l’année de référence ;

- compensation de 70 % de la perte de remise nette quand le chiffre d’affaires du débit a diminué de plus de 10 % et jusqu’à 25 % par rapport à l’année de référence ;

- compensation de 80 % de la perte de remise nette quand le chiffre d’affaires du débit a diminué de plus de 25 % par rapport à l’année de référence.

Dans ce dernier cas, le taux de compensation est fixé à 90 % pour les buralistes situés dans les départements où le montant annuel des livraisons de tabacs manufacturés de l’année précédente a connu une baisse d’au moins 5 % par rapport à celui de 2002. Les départements remplissant ces conditions sont dénommés «départements en difficulté» dans la suite de ce contrat.

La remise compensatoire est attachée au débit. Pour les débitants en activité au 1er janvier 2008, l’année de référence est l’année 2002. Pour les débitants signant un contrat de gérance à partir du 1er janvier 2008, l’année de référence pour le calcul de la remise compensatoire sera celle de l’année de signature de leur contrat de gérance.

Toutefois, en cas de présentation d’un successeur ou de transfert, les modalités de calcul de la remise compensatoire continueront d’être effectuées par référence à l’année 2002 pendant les trois premières années suivant la prise de fonction. Au-delà de ce délai, l’année de référence sera celle de prise de fonction du successeur.

 

d)     Maintien du moratoire sur les créations de débits de tabac :

Le principe du gel de l’attribution de nouveaux traités de gérance posé par le contrat d’avenir 2003-2007 est maintenu.

Toutefois, pour tenir compte de besoins locaux liés notamment aux évolutions démographiques, des créations pourront être autorisées par le Comité de suivi du contrat d’avenir. Ces créations de débits devront, en priorité, être pourvues par transfert selon la procédure décrite au point B ci-dessous.

 

e)     Assouplissement des règles de transfert de débits :

En vue de faciliter les transferts de débits, notamment dans et à partir des départements en difficultés, l’implantation d’un débit de tabac devra prioritairement s’effectuer par voie de transfert. Dans ce cadre, il devra notamment être possible à un débitant de transférer son activité hors de sa commune d’implantation et dans son département ; pour les débitants situés dans un département en difficulté, un transfert sera réalisable dans un département limitrophe.

Ces nouvelles règles de transfert des débits prendront effet dès la publication d’un décret au Journal Officiel.

 

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5°) Création d'un crédit d'impôt "débitants de tabac" :

La loi de finances rectificative pour 2006 a instauré un crédit d'impôt en faveur des entreprises exerçant l'activité de débitant de tabac. L'administration fiscale commente le nouveau dispositif.

Rappelons qu'il s'agit d'un crédit d'impôt égal à 25 % des dépenses portant sur la rénovation des linéaires, la rénovation des vitrines ou l'acquisition de terminaux informatiques. Ces dépenses sont prises en compte pour le calcul du crédit d'impôt dans la limite de 10000 € au titre des exercices ouverts entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2009 (art. 244 quater R du CG!).

Deux catégories de dépenses sont éligibles au crédit d'impôt :

1°) Dépenses portant sur la rénovation des linéaires et des vitrines :

Cette catégorie de dépenses recouvre l'ensemble des dépenses engagées pour la modernisation, l'agencement ou la reconfiguration de la surface de vente dédiée à l'activité de débitant de tabac, notamment les dépenses de décoration intérieure, de remplacement des rayonnages, des revêtements (muraux ou de sol), des éclairages ou encore des vitrines.

Par ailleurs, seules peuvent être prises en compte les dépenses de « rénovation », c'est-à-dire celles concernant un local déjà affecté à l'activité de débitant de tabac avant l'engagement des dépenses ou affecté à l'activité de débitant de tabac à la suite du transfert d'un débit de tabac.

Enfin, seules les dépenses afférentes à la partie du local destinée à l'accueil du public et à la vente peuvent ouvrir droit au crédit d'impôt.

A l'inverse, les dépenses afférentes aux parties du local non accessibles au public ou ne faisant pas partie de l'espace de vente (local de stockage, sanitaires, etc.) n'ouvrent pas droit au crédit d'impôt.

2°) Dépenses portant sur l'acquisition de terminaux informatiques :

Les terminaux informatiques, également dénommés « terminaux point de vente » (TPV), constituent une nouvelle génération de caisses enregistreuses. Ils permettent l'utilisation de la plupart des logiciels d'encaissement.

Ces terminaux peuvent être utilisés par des commerçants exerçant des activités diverses.
Toutefois, seuls sont éligibles au crédit d'impôt les terminaux utilisés pour l'exercice de l'activité de débitant de tabac.

Bien entendu, la circonstance que les terminaux soient utilisés de façon concomitante pour les autres activités des buralistes n'est pas de nature à remettre en cause l'éligibilité au crédit d'impôt des dépenses portant sur l'acquisition de ces terminaux. Seules les dépenses portant sur le terminal lui-même et non celles afférentes aux périphériques ouvrent droit au crédit d'impôt.
En revanche, il est admis que les logiciels vendus avec le terminal puissent également ouvrir droit au crédit d'impôt.

 

 

 

 

 

 


Cabinet d'affaires Philippe JOMARD

36, allée Jacques Cartier  -  33260 LA TESTE DE BUCH
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Tél : 05 56 54 77 18         Mobile : 06 72 86 73 55

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